En résumé : une roadmap sert à aligner les développements et les décisionnaires sur la vision de l'entreprise, sur un horizon de plusieurs années, là où la gestion de projet exécute à court terme ce qui est déjà acté. Sa réussite dépend autant de l'adhésion des équipes (communication, feedback, communauté d'ambassadeurs) que des postes clés qui la pilotent : Release Manager, Delivery Manager et PMO. Stéphan Verdier, Directeur du Pôle Data Management de Kwanzeo, en survole les axes dans ce cinquième épisode de la série Kézako MDM.

Transcription de la vidéo

Bonjour à tous et bienvenue pour ce cinquième épisode de Kézako.data. Je me présente : Stéphan Verdier, Directeur du Pôle Data Management de Kwanzeo. Aujourd'hui, je vais vous parler de roadmap.

Dans cet épisode, nous allons aborder les points suivants : l'objectif d'une roadmap, la différence entre roadmap et gestion de projet, l'adhésion à une roadmap, le but d'une roadmap, les leviers à votre disposition et les postes clés. Le but est de survoler tous les axes qui vous aideront à mettre en place une roadmap : nous resterons macro, sans entrer dans les détails.

1. Quel est l'objectif d'une roadmap ?

Il tient en deux points :

  • s'assurer que les développements sont alignés sur la vision de l'entreprise ;
  • s'assurer que les décisionnaires sont alignés avec cette vision.

2. Quelle différence entre roadmap et gestion de projet ?

La roadmap, c'est :

  • prendre du recul et regarder, de très haut, l'ensemble de ce qu'il y a à faire ;
  • regarder les évolutions produit à venir, avec un suivi à moyen ou long terme ;
  • fixer les caps de l'entreprise et de ce qui va être fait ;
  • gérer les problèmes à court, moyen et long terme ;
  • donner la direction à venir sur le produit.

Une roadmap est gérée sur une échelle de temps. Dans les entreprises, elle est généralement fixée à environ trois ans, et elle définit des caps.

La gestion de projet, à l'inverse, porte sur des points déjà actés qu'il faut réaliser :

  • découper les fonctionnalités en tâches pour qu'elles soient réalisées ;
  • assigner ces tâches aux différentes personnes et équipes ;
  • suivre l'avancement ;
  • travailler sur une période courte : des sprints en méthode agile, ou un à deux mois par exemple en cycle en V ;
  • utiliser des outils comme un diagramme de Gantt, Jira, GitHub, TFS ou VSTS (devenu Azure DevOps) ;
  • gérer un backlog.

3. Comment faire adhérer les équipes à une roadmap ?

Plusieurs points sont cruciaux :

  • gérer la satisfaction des utilisateurs ;
  • gérer l'entente avec les directions (commerciale, marketing…) ;
  • gérer les relations avec les parties prenantes : expliquer que certaines demandes devront être approuvées par des tiers ;
  • se demander si c'est le bon choix, et comment convaincre et faire adhérer.

4. À quoi sert une roadmap ?

  • Garder la confiance des équipes.
  • Gérer le temps, l'évolution du produit et les priorités.
  • Communiquer et partager régulièrement : faites des newsletters. Tout ce qui rend la roadmap visible donne satisfaction aux utilisateurs comme à la direction, et garantit une vision produit qui correspond à ce qui doit être fait dans l'entreprise.
  • Être transparent, afin de prendre les actions nécessaires en cas de problème ou de litige.

C'est aussi : les objectifs des projets, les principaux livrables, les calendriers, les jalons et les dépendances entre projets, la gestion des risques et l'évaluation des succès.

5. Quels leviers avez-vous à votre disposition ?

Faire adhérer à une évolution

Deux axes permettent de gérer les freins au changement.

L'humain (50 % du travail) : anticiper les changements, faire preuve de compassion et d'empathie. Écoutez, comprenez la peur, les enjeux personnels et les besoins. Vous allez faire évoluer les mentalités, et vous rencontrerez des freins chez les personnes qui utiliseront votre produit ou qui le mettront en place. Être proche des collaborateurs leur donne le sentiment d'être compris et d'exister.

Le projet (50 % du travail aussi) : donnez du sens au projet, le pourquoi avant le comment. Expliquez pourquoi il faut le faire avant de parler de technique et de réalisation. La vision doit être compréhensible par chacun et apporter un bénéfice au plus grand nombre.

Mesurer l'adhésion

  • Quantifier l'adhésion des collaborateurs : comparer la perception de la direction et celle du terrain, mesurer le décalage et l'adhésion à la nouvelle orientation. Pourquoi pas des sondages ? Ils donnent le pouls dès le début de la roadmap et des leviers pour mieux communiquer.
  • Mesurer l'engagement des collaborateurs : un indicateur de niveau d'engagement, avec diagnostic, mise en place et accompagnement.
  • Suivre la performance organisationnelle : la reconnaissance (pour chaque collaborateur comme pour la direction), les rôles, les impacts, la liberté, la relation avec le collaborateur, la vision de l'entreprise, les évolutions.

Ce sont essentiellement des métriques, mais elles donnent de la visibilité à tous et vous apportent plus de poids et de confiance pour mener la vision produit à son terme.

S'appuyer sur le feedback et la communauté

Le feedback : voyez les retours non comme des critiques mais comme des axes d'amélioration, pour améliorer la compréhension de la roadmap et, si besoin, retracer sa trajectoire. Dialoguer, mesurer, transformer, viser.

La communauté : valoriser les collaborateurs qui adhèrent au projet crée une dynamique positive. Appuyez-vous sur des ambassadeurs et des relais, face aux opposants et aux détracteurs. Mettez en avant les personnes qui s'impliquent, par exemple dans les newsletters, ou en faisant passer leurs idées : elles seront contentes d'être reconnues. La reconnaissance est importante dans la gestion de projet comme dans une roadmap.

Comment utiliser ces leviers ?

  • Insuffler un esprit collaboratif.
  • Donner du sens : pourquoi, et pour quoi ? Des objectifs clairs et motivants.
  • Viser la performance collective, résultat du travail en équipe plutôt que du travail individuel.
  • Gérer les conflits : la confrontation crée une nouvelle richesse et fait évoluer les connaissances de chacun, les leurs comme les vôtres. L'objectif est de bien comprendre pourquoi elle a eu lieu.
  • Connaître les besoins et y répondre.
  • Communiquer.

6. Quels sont les postes clés ?

Le Release Manager est responsable de la qualité du produit, des dates de livraison, de la maîtrise des coûts et de la gestion du risque. Il crée un environnement de test proche de la production, gère la communication auprès des utilisateurs et des équipes de développement, et livre le produit en production.

Le Delivery Manager gère l'adéquation entre les objectifs et la situation réelle, la satisfaction client, les dépendances entre projets et les indicateurs clés de succès. Il audite et propose des plans d'action, prépare et anime les comités stratégiques.

Le PMO planifie la stratégie et la gouvernance, consolide les bonnes pratiques et les processus de l'entreprise, gère les ressources des projets et les outils projets, qui permettent de mesurer leur qualité et de les faire avancer.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quel est l'objectif d'une roadmap ?

Il tient en deux points : s'assurer que les développements sont alignés sur la vision de l'entreprise, et que les décisionnaires sont alignés avec cette vision.

Quelle différence entre roadmap et gestion de projet ?

La roadmap prend du recul : elle fixe les caps de l'entreprise sur une échelle de temps longue, souvent environ trois ans, et suit l'évolution du produit à moyen ou long terme. La gestion de projet porte sur des points déjà actés : elle découpe les fonctionnalités en tâches, les assigne et suit leur avancement à court terme.

Quels sont les postes clés pour piloter une roadmap ?

Le Release Manager (qualité du produit, dates de livraison, coûts, risques, mise en production), le Delivery Manager (adéquation entre objectifs et situation réelle, satisfaction client, dépendances, indicateurs, comités stratégiques) et le PMO (stratégie, gouvernance, bonnes pratiques, ressources et outils projets).

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