Décryptage : Cloud Act & RGPD, quel risque pour vos référentiels (MDM)?
Référentiels et data management : pourquoi le contrôle est vital
Les entreprises utilisent leurs référentiels pour organiser leurs informations et soutenir leurs activités. Ces référentiels sont au cœur du data management. Ils apportent de la cohérence, de la stabilité et de la fiabilité. Mais pour qu’ils restent utiles, ils doivent rester sous contrôle. La moindre faille peut créer un risque. Une donnée mal protégée peut entraîner une perte de maîtrise et fragiliser tout le système.
Cloud Act : la juridiction du fournisseur prime sur la localisation
Certaines lois extérieures peuvent augmenter ce risque. Le Cloud Act peut obliger un fournisseur à transmettre des données, même si elles sont stockées dans un autre environnement. Ce point ne dépend pas du lieu de stockage. Il dépend de la juridiction du fournisseur. C’est pour cela qu’il faut le dire clairement : le Cloud Act concerne uniquement les fournisseurs qui dépendent du droit des États-Unis, même si les données ne sont pas stockées aux États-Unis. Cela signifie que la localisation seule ne suffit plus. Une entreprise peut faire les bons choix techniques et subir malgré tout une perte de contrôle si le fournisseur relève d’un autre cadre légal.
RGPD : maîtrise du cycle de vie et réduction du risque
Le RGPD (règlement qui protège les données personnelles en Europe) impose une logique différente. Il exige une gestion claire, une vision précise de chaque étape et une maîtrise complète du cycle de vie de la donnée. Il réduit le risque d’accès non autorisé et protège l’entreprise contre des pertes de maîtrise. La création, la mise à jour, la consultation, l’archivage et la suppression doivent être contrôlées. Ce cadre renforce le data management et aide l’entreprise à rester alignée avec ses obligations.
Zone de stockage : un choix stratégique, pas seulement technique
Lorsque ces deux logiques se rencontrent, la zone de stockage devient un point majeur. Le lieu où les données sont stockées influence directement leur niveau de protection. Une donnée placée dans une zone non alignée peut devenir accessible dans un contexte imprévu, créant un risque important. Le choix de la zone n’est plus un choix technique. C’est un choix stratégique. Un mauvais choix peut mener à une perte de maîtrise sur la donnée.
Cloud : flux, copies, déplacements invisibles et risques de dérive
Le cloud renforce encore cette sensibilité. Le cloud repose sur des infrastructures partagées, des flux automatiques et des opérations distribuées. Une donnée peut circuler. Elle peut être copiée. Elle peut être déplacée pour une maintenance. Certaines opérations invisibles peuvent l’envoyer vers une zone non souhaitée. Si cela arrive, l’entreprise fait face à un risque concret et peut subir une perte de contrôle sur certaines parties de son référentiel. Le data management doit donc surveiller la qualité de la donnée, mais aussi l’endroit où elle est stockée, l’endroit où elle passe, et l’endroit où elle est sauvegardée.
Choix de l’éditeur MDM : attention au périmètre du Cloud Act
Le choix de l’éditeur du Master Data Management est tout aussi important. Si un éditeur est dépendant du droit américain, alors il entre dans le périmètre du Cloud Act, ce qui n’est pas le cas d’un éditeur dépendant du droit européen. Même si la donnée n’est pas stockée dans le pays d’origine de l’éditeur, c’est la juridiction qui détermine le risque. Une erreur à ce niveau peut entraîner une perte de maîtrise du référentiel. Ce point doit être intégré dès le début du projet de data management.
Gestion des accès : qui voit, qui modifie, et dans quel contexte
La gestion des accès renforce cette logique. L’entreprise doit toujours savoir qui peut voir la donnée, qui peut la modifier et dans quel contexte. Une donnée bien stockée mais mal accessible crée un risque. Un accès non maîtrisé peut provoquer une perte de cohérence, une perte de confiance et une perte de protection.
Protéger le référentiel : zone, juridiction, accès et cycle de vie
Protéger un référentiel, c’est donc protéger la zone de stockage, les accès, les flux et le cycle de vie. C’est éviter les risques inutiles. C’est éviter les pertes de maîtrise. C’est garantir que les informations restent dans un cadre cohérent et aligné avec les besoins de l’entreprise. Une zone maîtrisée, un fournisseur aligné sur la bonne juridiction et un cycle de vie clair permettent de garder un référentiel fiable et sécurisé. Cette cohérence protège l’entreprise contre les risques de dérive et contre toute perte de contrôle qui pourrait fragiliser son activité.
Stéphan Verdier